Compost / Composto

couv_compostAuteur
Stéphane Crémer
Collection « pas de côté »
Poésie
64 pages, 14 x 23 cm, dos carré cousu collé avec rabats, cahiers non massicotés
Parution : printemps 2013
ISBN : 978-2-917751-32-9 / 20 euros
Version portugaise de Leonardo Lacerda et Alain Mourot
Préface de Gilles A. Tiberghien
Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la Région Bretagne
Présentation du livre
Ce recueil bilingue est né lors d’un voyage au Brésil au mois d’août 2010. Ce qui préside à cette singulière aventure de traduction, c’est la conviction que le portugais du Brésil est bien la « langue natale » du poème, « parce que celle du sol où il avait pris racine », la poésie étant entendue par ailleurs comme une tentative de pratiquer sa propre langue comme une langue étrangère. Et bien que Stéphane Crémer ignore absolument le portugais…
Ainsi, poèmes français et poèmes brésiliens semblent chercher au contact les uns des autres « une voix propre », se modifiant, se contraignant selon leurs exigences réciproques. Chaque poème, dans ses deux versions, traversant d’innombrables variations avant de pouvoir trouver ces accents qui cette fois n’appartiennent plus ni à l’une ni à l’autre langues.
Quant au Brésil lui-même… il éclate dans Compost / Composto à chaque « strate » de poème… Comme « prétexte » déjà, en pure coïncidence avec la mort du père pendant le séjour – qui renvoie du coup à la singulière relation des Brésiliens à leurs morts (ce père, mort, lui-même revenu à l’insu de l’auteur « comme par magie ? », est bien présent au détour de l’un ou l’autre poème). Et la luxuriance de la nature (faune, flore « exotiques », bariolées) sur laquelle s’accordent les poèmes peut certes sembler banale quoique si bien « chantée », de même que le « déplacement » engendré par le voyage, le lecteur est pourtant insidieusement bousculé, basculé dans l’effacement du temps qui passe, la délitescence, la chute – ou l’échouage. L’homme n’est qu’un naufragé, ici et là. Mais paradoxalement, Stéphane Crémer ne perd jamais de vue « ce qu’il reste de cette disparition : un paysage, et son horizon ! ».
Un texte d’accompagnement, « La ronde / A ciranda », de Gilles Tiberghien (philosophe spécialisé en esthétique, auteur notamment du très remarqué Land Art aux éditions Carré, 1993, rééd. 2012), vient souligner la singularité et la force de la voix de Stéphane Crémer dans le paysage de la poésie d’aujourd’hui.



« [Le poème de Stéphane Crémer] se rapproche alors du chant, saisissant lumière, mobilité et nuances alentour. Il concentre dans un même mouvement les paysages et les êtres qui les traversent. […] Il n’y a pas d’exotisme exagéré dans cet ensemble. Pas plus de parcours fléchés et balisés. Mais des zigzags lumineux et restreints. Par dizaines et dans le désordre pour mieux appréhender un pays qui ne peut dévoiler qu’une part infime de ses présents à ce voyageur qui surprend par l’acuité de son regard. »

Jacques Josse, Remue.net, 31 juillet 2013