Scordatura

Couv-Guillerm_2011Auteure
Violaine Guillerm
Collection « présent (im)parfait »
Poésie
136 pages, 12 x 15 cm, dos carré cousu collé
Parution : mars 2011
ISBN : 978-2-917751-12-1 / 15 euros
Publié avec le soutien de la région Bretagne
Présentation du livre
La « scordatura » est une manière d’accorder les instruments à cordes qui s’écarte de l’accord normal – l’« accordatura » – ; elle permet d’utiliser des accords inhabituels et modifie la tension des cordes, produisant des effets sonores très particuliers. On pense souvent pour la scordatura à Biber et à ses sonates des Mystères (ou du Rosaire), moins à son emploi dans le jazz, ou le rock (Frank Zappa)…
Comme Violaine Guillerm le revendique elle-même, ce livre est une « version originale bilingue », proposant deux textes en parallèle qu’on peut lire aussi bien « classiquement », c’est-à-dire verticalement, qu’horizontalement pour entendre le dialogue – ou parfois une discordance ? – qui s’instaure entre les deux « langues ». C’est alors au lecteur de faire sa scordatura. Violaine Guillerm propose une polyphonie, une polysémie, avec un guide central qui charpente le recueil et le ponctue en « chapitres » : un chœur, ou encore un « argument ». Les deux langues s’engagent parallèlement puis se mettent à vibrer, à osciller, s’inversent, s’emmêlent, s’aèrent… Il est question de rythme, de durée, de temps, il est question d’émotions, de vibrations, de sensations, de sensualité, il est question de corps, masculin, féminin, de désir ; les voix, les corps s’emmêlent et brouillent les pistes.
Comme s’il s’agissait d’une scordatura de l’humain, le texte agit en désaccordant les normes de la rencontre avec l’autre. Violaine Guillerm, dans ce deuxième recueil, affine sa voix propre, s’impose.



« Plutôt que d’opéra parlons d’un oratorio sur les corps. Musicienne, l’auteur écrit en “jouant” sur les registres visuel et musical. Au fil des pages où le graphisme visualise les variations mélodiques et la dualité des voix, se déploie un texte tout entier fait de désirs, de blessures, de rencontres et tensions. […] Le livre fermé, reste dans l’oreille le chant d’une “langue où nous pouvons migrer… de l’azur / à l’azur, plus près / murmure / tambour dans nos ventres”. »

Christian Vogels, CCP – Cahier critique de poésie, mars 2012

« Voilà donc un recueil dans lequel
animus se désaccorde en anima, à moins que ce ne soit l’inverse, et où l’on entend tout autre chose que ce qu’on lit. C’est d’une délicatesse extrême. Qui n’est pas musicien (c’est-à-dire poète) n’entre pas. Mais ceux qui aiment le sont… »
Ronald Klapka, La Lettre de la Magdelaine, juin 2011