Et qui hante

Couv_Mouchel_18Auteure
Brigitte Mouchel
Collection « présent (im)parfait »
Poésie
132 pages, 12 x 15 cm
Parution : 10 mai 2018
ISBN : 978-2-917751-91-6 / Prix : 16 euros
Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne

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Présentation du livre
Et qui hante est une suite de textes âpres et tendus, parfois dérangeants, dont le fil rouge serait, selon la belle formule de l’auteure, « une attention éperdue aux enfants ». De fait, également, une attention éperdue aux femmes.
Des enfants partout, dans la vie, et leurs enfances malmenées, des mômes « sans nom » (sauf un)… Des enfants partout, dans la mort, des enfants tués à peine nés, des enfants non nés. Des enfants au pluriel, mais qui portent, chacun, son histoire singulière : « l’enfant seule au milieu de la clairière » qui « boit l’automne à pleines goulées » ; l’enfant qui aime « prendre le journal et tracer, entourer chaque mot, chaque » ; « l’enfant dépeuplé de sa mère » ; « l’enfant imaginé, l’enfant qu’on transporte, petit garçon doux, fin, aux yeux verts – aspiré » ; et puis cette « petite fille que j’ai à l’intérieur de moi, avec ses grosses godasses, avec ses jambes nues, noiraude »… ; un enfant précieux, trimballé dans la cohorte des réfugiés, « serré contre soi, ballot » ; une enfant au « t-shirt bleu avec des paillettes cousues – elle a voulu emporter son t-shirt de princesse – il est trop court ». « Cette enfant, tu la connais », nous la connaissons tous, nous la voyons tous les jours, prise, elle aussi, dans « le désordre du monde ». Une enfant, une sœur, abîmée, à qui il est arrivé « quelque chose, on ne sait pas, elle avait le même regard que sa sœur était belle, ensuite, c’est arrivé »… « et nul oiseau sans penser à une sœur blessée ».
Des enfants venus ou malvenus du ventre des femmes. Des femmes devenues mères – « mère parce que, peu importe » –, qui parfois ne savent pas « quoi en faire », femmes sans visage et sans nom, apeurées, en butte à la violence des hommes. Des femmes qui ont pourtant été, un jour, ces « filles en ivresse à fumer, boire des bières et des histoires de mecs », qui « chantent, se cognent, s’étreignent ».
Et tout au long des pages, des traces d’errance, qui persistent et qui hantent. De même que certains mots, phrases, reviennent de texte en texte. Une errance intérieure qui se superpose à une errance dans des paysages indéfinis, où l’on croise parfois quelqu’un, un cheval, quelques oiseaux, et surtout les rumeurs d’une actualité (d’un monde) tragique… Une attention aiguë à ce monde.

 

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