Sommes

Auteurs
Jean-Pascal Dubost, texte
Jean Yves Cousseau, photographies
Hors collection
150 exemplaires sur papier BFK Rives et Canson Rag photographique duo, format 26 x 17 cm
Texte composé en Garamond et Antique étroite et imprimé sur la presse typographique des éditions
Photographies tirées d’une part sur presse typographique (noir), d’autre part sur imprimante à jet d’encre pigmentaire (couleur)
Quatre feuillets pliés en triptyque emboîtés et cousus, de différents formats, sous couverture Pastelcard pliée en triptyque
Parution : juin 2011
125 euros
Présentation du livre
Peut-être y a-t-il au départ de Sommes un croisement fait, un jour, entre Manière noire de Jean Yves Cousseau (éditions Fage, 2006), recueil de photographies prises dans plusieurs fonderies d’art, cheminement s’articulant parallèlement autour de l’œuvre de Rodin, et Fondrie, de Jean-Pascal Dubost (Cheyne éditeur, 2002), « suite métallurgique » écrite sur les vestiges d’une ancienne fonderie d’art… Au-delà du thème, trop évident, l’univers de l’un et de l’autre se rejoignent dans le présent de la langue comme de l’image, où le passé, épine dorsale de chacune de leur œuvre, est sans cesse réactualisé, le temps questionné, l’évidence bousculée…
Loin de toute esthétique esthétisante, l’un comme l’autre savent se frotter au sale, au dérangeant, au (trop-)plein comme au vide pour atteindre la justesse de la réalité jamais rangée dans une case. Ils ne pouvaient que se retrouver autour du thème de la vanité, vieux comme le monde, si banal et toujours vrai… Sommes les rassemble donc dans un ouvrage articulé autour de triptyques, se dépliant séparément mais aussi en croisement. Poème-bloc, photos oxydées ou simplement matiérées comme nos jours qui passent… Typographie au plomb, impression typographique de certaines images, gravées, marquées dans le papier, ou impression numérique à jet d’encre pigmentaire, à l’encre déposée sur le papier comme la rouille sur les photos oxydées. Couverture brique, de couleur et d’aspect, avec un papier pastel/papier de verre dont le grain est comme de sable, ou de peaux mortes. Papiers épais, consistants, pour les mots amoncellés/désamoncellés (accumulation baroque de vanités subjectives, « ET ET ET ») et les images impuissantes à retenir (fresque murale en voie d’effacement, fleurs desséchées, neige écran-écrin…), l’ensemble disant la disparition, inéluctable mais simplement humaine, non exempte de l’ironie du grotesque et de la puissance rabelaisienne. Ou disant « le temps à l’œuvre » (Cousseau), « l’enfuite » (Dubost), mots et images suivant la même voie tout en conservant leur autonomie pour tenter de résister, même vainement, au temps qui ronge, à la fatalité, à l’effroi de la disparition ; disant le plaisir de créer en s’engouffrant dans les failles, les interstices de tout ce qui vit, bouge, se transforme : « Vanité du monde, du temps, mais tant d’être, itou… » (Dubost).

Tirage de tête
15 exemplaires accompagnés d’une photographie supplémentaire de Jean Yves Cousseau tirée sur imprimante à jet d’encre pigmentaire, reliure de Jeanne Frère, à quatre plis de toile et velours imprimée sur jet d’encre pigmentaire et aimantée
300 euros